Communiqué : Examens en L3 Histoire – 5 Mai 2018

Communiqué des étudiant·es de L3 de l’UFR d’Histoire, issu de l’AG du samedi 5 mai 2018 : Non, les partiels ne se déroulent pas normalement !

A la suite de la fermeture du centre Sorbonne le samedi 5 mai et du report du partiel d’Histoire Contemporaine, les étudiant·es de L3 d’Histoire, mobilisé·es ou non contre la loi ORE, se sont réuni·es ce jour et ont fait ensemble le constat de la situation anormale et tout à fait inacceptable de la tenue des partiels.

Depuis le 13 avril, les décisions de fermeture du centre Sorbonne imposées par le Rectorat à l’ensemble de la communauté universitaire, sans explications, empêchent les étudiant·es en L3 d’avoir accès à leur lieu d’étude principal, de se rendre en cours, à la Bibliothèque Universitaire, et de se réunir pour discuter des conditions de scolarité et de la situation actuelle.
Les enseignant·es comme les étudiant·es ont du s’adapter à ces décisions et adapter dans certains cas la tenue et le contenu des cours.

Les premiers partiels d’U.E. Complémentaires qui devaient se tenir lors de la dernière semaine de cours ont été reportés et les étudiant·es prévenu·es la veille au soir pour le lendemain. Pour certains partiels de langue, des étudiant·es ont été prévenu·es le jour même, voire même moins d’une heure avant la tenue du partiel de son annulation ou de sa délocalisation, ce qui est illégal puisqu’un délai d’au moins 10 jours est nécessaire à la délocalisation ou le report d’un partiel, ou 5 jours en cas de circonstances exceptionnelles.

Au vu de ces circonstances tout à fait anormales, les partiels de L3 Histoire qui se sont tenus depuis le mercredi 9 mai ont systématiquement été précédés par des votes donnant lieu à la non composition de l’épreuve par une majorité d’étudiant·es (68% en Socio-anthropologie des techniques et de la connaissance ; 40 pour / 6 contre / 30 indécis·es en Enquête Sociologique) ou à l’annulation de l’examen dans le cas de d’Histoire et Informatique.

Aujourd’hui, samedi 5 mai à 9h30 devait se tenir le premier partiel d’U.E. Fondamentale de L3 (Histoire Contemporaine).
Vendredi 4 mai après-midi, nous avons été informé·es par mail de la fermeture de la Sorbonne impliquant la non-tenue et le report du partiel, « à une date ultérieure » et « en raison du manque de personnel». Nous avons été invité·es à nous « rapprocher de notre UFR », sur lequel le Rectorat se décharge de toute responsabilité, et de la part duquel nous n’avons pu recevoir que plusieurs informations contradictoires sur la délocalisation ou le report du partiel avant d’être informé·es de son report.

Au-delà des positions de chacun·e concernant la mobilisation actuelle, cette décision nous paraît totalement inacceptable. Jusque-là aucun étudiant·e de L3, gréviste ou non, n’avait empêché les autres étudiant·es de composer. Aujourd’hui, c’est le Rectorat qui a imposé à l’ensemble des étudiant·es une décision sans explication aucune, ni de sa part, ni de celle de notre UFR.

Nous avons dès-lors décidé de nous réunir, ce samedi 5 mai à 10h, sur l’horaire du partiel initialement prévu. Tous·tes les étudiant·es de L3 d’Histoire étaient donc en possibilité de venir.
Faute de pouvoir le faire dans notre propre université, nous nous sommes réuni·es dans un premier temps Place de la Sorbonne, où des contrôles d’identité et des fouilles ont été effectué·es sur plusieurs d’entre nous par les forces de police présentes sur place.

À la suite de l’Assemblée Générale que nous avons finalement tenue, nous, étudiant·es en L3 faisons ensemble le constat que les conditions de passage des examens ne sont en aucun cas réunies pour les raisons suivantes :

– Depuis la fermeture de la Sorbonne le 13 avril, nous avons été informé·es la veille (au soir) pour le lendemain voire, dans le cas de plusieurs partiels de langue, le jour même, de la non-tenue ou de la délocalisation de nos partiels. La tenue des partiels s’est donc fait de manière illégale dans le cas des partiels de langues dont les délocalisations et les annulations ont été annoncées et les reports effectués dans un délai de moins de 5 jours, ainsi que dans le cas des partiels d’U.E. complémentaire dont l’annulation ou la délocalisation ont également été annoncées dans un délai de moins de 5 jours.
De plus, cette situation ne nous nous permet en aucun cas de réviser normalement et sereinement en étant informé·e aussi tardivement, sans aucune explication, et en étant dans l’attente d’une réponse quant à la tenue des examens à venir.

– La fermeture de la Sorbonne empêche depuis le 13 avril tout accès à la BIS qui, a pourtant rouvert cette semaine, mais où nous n’avons pas pu nous rendre pour travailler.
La fermeture de la Sorbonne nous empêche également de nous rendre au secrétariat de notre UFR depuis maintenant trois semaines ce qui, d’une part, ne nous permet pas de régler diverses questions administratives (obtention des relevés de notes, signature de conventions de stage, constitution des dossiers pour les Masters) et d’autre part, a mené le secrétariat à avoir recours à de moyens alternatifs et tout à fait anormaux (envoi des convocations par mail).
Cette situation n’est plus possible pour l’ensemble de la communauté universitaire : les étudiant·es, les enseignant·es, l’administration, les personnel·les de la BIS, qui subissent tous les décisions du Rectorat.

– La présence de policiers armés autour de nos centres universitaires est intolérable et ne permet pas d’accéder à notre université, et encore moins de passer nos examens dans de bonnes conditions.
Le partiel d’Histoire et Informatique a ainsi été annulé à la suite du commencement de l’épreuve une demi-heure en retard, à cause du temps pris par les contrôles effectués à l’entrée de la Sorbonne.

– L’annonce du report des examens n’étant pas légale dans un délai de moins de 10 jours, et en conséquence des jours fériés et échéances des semaines à venir avec les autres partiels déjà prévus, tout report du partiel d’aujourd’hui ne pourra se faire qu’en dehors du calendrier prévu des examens, qui devaient initialement se dérouler jusqu’au 18 mai.
Ce calendrier a en effet déjà été élargi suite à la fermeture de la Sorbonne lors de la dernière semaine de cours, ce qui a amené au report des partiels alors prévus : pour certain·es dès cette semaine, et pour d’autres jusqu’au 26 mai. Nous refusons le report d’examens d’U.E Fondamentale, alors même que nos examens d’U.E. Complémentaire ont déjà été reportés.
Nous refusons d’avoir à passer des partiels au-delà du calendrier des examens annoncé depuis le début de l’année, à partir duquel nous avons d’ores et déjà organisée notre fin d’année universitaire. (examens d’entrée en école, emplois, billets d’avion et de train en vue de départs à l’étranger, stages prévus). Nous ne sommes pas uniquement des étudiant·es, et nous avons des impératifs qui ne nous permettront pas de passer les partiels à des dates indéfiniment repoussées (fin de location de logement, retour dans nos familles, fin d’année d’Erasmus)
Le report des examens est donc inenvisageable aussi bien pour des questions d’organisation que de respect des étudiant·es et du corps enseignant.

Nous répétons que les conditions de passage des examens ne sont pas normales. Dans la matinée du 4 mai, au centre René Cassin, un partiel de L2 de Droit (Procédure pénale) a du être annulé à la suite de la diffusion de gaz dans la salle d’examen, rendant les étudiant·es qui passaient leur partiel en incapacité physique de continuer à composer. Malgré leurs remarques concernant la gêne provoquée par la présence de ces gaz, l’administration leur a dans un premier temps opposé un refus quant à leur demande d’annulation du partiel. Une étudiante a fait un malaise et a dû être transportée aux urgences, pour que le partiel soit finalement annulé (cf. communiqué des L2 de Droit faisant suite à l’annulation du partiel).
Nous sommes tout à fait scandalisé·es devant l’entêtement de maintenir des partiels dans des conditions qui sont, nous le répétons, inacceptables. Il n’est plus possible pour la présidence, comme pour l’administration, de faire comme si cela était le cas, en faisant fi des conditions de passage d’examens qui sont non seulement anormales, illégales, et parfois très graves pour la santé des étudiant·es.

Nous ne pouvons en aucun cas nous voir imposer la tenue de partiels qui dans ces conditions n’ont plus lieu d’être, et perdent tout leur sens pédagogique.
Nous sommes en effet parvenu·es jusqu’ici au terme de la validation de nos années précédentes, et le manque d’organisation ainsi que les décisions arbitraires du Rectorat ne sauraient constituer une raison de nous refuser l’obtention d’un diplôme auquel nous pouvons toutes et tous prétendre. Nous avons en effet fourni le travail demandé tout au long du semestre, sans qu’il soit nécessaire que celui-ci soit dans son entièreté soumis à la condition de la tenue de partiels dont la note ne constitue de toute façon pas la note unique de la moyenne finale.

La tenue des partiels, que nous condamnions déjà en grande partie, devient de fait totalement infondée et n’a plus aucun sens, maintenant que nous condamnons toutes et tous ensemble leurs conditions d’organisation.

Face à une situation que nous condamnons unanimement, nous avons décidé cette réponse collective : nous n’accepterons pas de composer dans des conditions pareilles.

En conséquence, nous avons voté l’annulation de tous les partiels de L3 Histoire et l’aménagement de solutions de notations, à l’image de celles décidées pour les UFR de Géographie et de Philosophie : note résultant de la moyenne entre la note du Contrôle Continu et un devoir facultatif ; note résultant de la moyenne entre la note de Contrôle Continu et une note de partiel minimale et améliorable par alignement sur celle du contrôle continu ; validation par la note de 20/20 politique pour toutes et tous les étudiant·es, face aux conditions déplorables de cette fin de semestre, et pour sortir du cadre d’une notation caduque dès lors que les conditions de passage normales des examens ne sont pas réunies,

Nous avons examiné ces différentes propositions avant de procéder au vote de la proposition majoritairement souhaitée. 
L’aménagement voté à la majorité est le suivant :
– les étudiant·es inscrit·es en Contrôle Continu reçoivent une note fondée sur la moyenne entre leur moyenne de Contrôle Continu et complétée de manière facultative par un DM qui ne peut qu’améliorer la note de CC.
– les étudiant·es en tiers-temps bénéficient des mêmes aménagements que le reste des étudiant·es

Concernant les étudiant·es inscrit·es en Contrôle Terminal :
– la proposition votée à la majorité en AG a été celle d’une validation de la matière par validation des crédits ECTS : cette proposition a été formulée et votée sur le modèle des modalités d’évaluations des étudiant·es de Science-Politique, et entendue au moment du vote comme validation automatique de la matière en Contrôle Terminal
– la deuxième proposition soumise au vote était la suivante : validation des matières de Contrôle Terminal par un oral dont la note minimale améliorable s’aligne sur celle décidée pour la note minimale du Contrôle Continu.

Nous sommes tout à fait conscient·es que la question des Contrôles Terminaux devra être discutée selon les cas avec les enseignant·es.
Nous avons plusieurs propositions que nous sommes prêt·es à envisager avec eux, afin de parvenir à la meilleure des solutions pour tout le monde, tout en garantissant l’alignement des conditions d’évaluation des étudiant·es en Contrôle Terminal sur celles des étudiant·es en Contrôle Continu

Nous exigeons la garantie que les conditions d’évaluation décidées et votées en AG soient respectées et appliquées.

Nous sommes tout à fait conscient·es que les enseignant·es comme les étudiant·es subissent les décisions du Rectorat et que, l’adoption de la solution des conditions d’évaluation dont nous avons voté les modalités doit se faire dans le cadre d’un dialogue.
Nous serons à même de le mener et de discuter des modalités d’évaluation avec les professeur·es. Nous avons pour cela convenu d’une délégation d’étudiant·es à même de se réunir avec les enseignant·es et le directeur d’UFR, et de porter les décisions prises collectivement par les étudiant·es en L3 d’Histoire.

150 étudiant·es et 1 professeur présent·es

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