L’intensité des risques psycho-sociaux : un choix de gouvernance ?

Souffrance au travail à l’Université: deux enseignants-chercheurs témoignent Publié le 28/03/2018 par L’équipe des rédacteurs d’Academia par Véronique Castellotti et Didier de Robillard, professeurs des Universités à l’Université François Rabelais (Tours)

Extrait :

L’intensité des risques psycho-sociaux : un choix de gouvernance ?

Il est clair que l’université française et donc que l’Université de Tours est, depuis une dizaine d’années, à une période de mutation rapide, d’adaptation à une société qui change, etc. Il est inutile de reprendre ce discours, pertinent, mais déjà bien connu. Cette situation aurait cependant dû alerter la gouvernance locale quant aux RSP, puisqu’il s’agit, typiquement, d’une conjoncture qui y est favorable, et cela s’est vérifié.

Les EC s’attendent donc à rencontrer des difficultés et ces derniers, en majorité, sont sans aucun doute prêts à cela, puisqu’ils le font déjà largement, et cela depuis plusieurs années, malgré des conditions adverses qui peuvent parfois donner le sentiment pour accomplir les missions de l’université, de devoir le faire presque à contre-courant[20] des obstacles mis par l’institution elle-même en raison de problèmes d’anticipation, de gestion, de détermination de calendriers, d’adéquation des moyens aux projets décidés, etc.

Les EC seront d’autant plus prêts à remplir leurs missions dans ce contexte adverse, et seront d’autant plus motivés et efficaces dans leurs efforts, qu’ils auront le sentiment d’être soutenus, sinon par leur lointaine autorité de tutelle, du moins par une gouvernance locale au fait des conditions locales (c’est la raison d’être de son existence : si elle ne le fait pas, elle se donne le statut de simple exécutante) elle-même éthique, transparente, digne de confiance, efficace et compétente, considérant à leur juste valeur les personnels et leur travail, et prenant réellement en compte leurs avis, et leur faisant confiance[21].

Anxiété, méfiance, inefficacité, flou, incertitudes, opacité, concurrences malsaines entretenues par les autorités de l’Université de Tours suscitent des troubles et risques psycho-sociaux chez des agents de l’Université. Cela aboutira malheureusement, si rien n’est fait pour contrecarrer les causes primaires d’un certain nombre de ces dysfonctionnements graves, à des conséquences plus graves que celles déjà actuellement observées[22] sur la santé des personnels et sur le climat social de l’établissement.

C’est bien aux causes primaires qu’il faut s’attaquer pour prévenir les risques psycho-sociaux, ce qui est une des fonctions majeures du CHSCT. D’éventuels palliatifs, s’ils ne sont pas inefficaces (yoga, chartes…), sont les bienvenus, mais ne peuvent se substituer à l’identification des causes primaires et à leur éradication.

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