Bruxelles met Pécresse au régime sec

Bruxelles met Pécresse au régime sec

Didier Hassoux, Mercredi 17 octobre 2018, Le canard enchainé

FALLITE D’UNE GESTION saine et transparente, la région Ile-de-France se voit couper les vivres par Bruxelles ! Enjeu : la part des 483 millions d’euros de subventions (pour la période 2014-2020) non encore versée. L’ambassadeur de France auprès de l’Union européenne ainsi que Valérie Pécresse en ont été avisés par courrier le 23 juillet. Dans une bafouille de quatre pages, dont « Le Canard » a eu copie, Bruxelles annonce la fermeture du robinet « jusqu’à ce que la Commission ait l’assurance suffisante que les autorités nationales ont pris les mesures appropriées ». Réponse prévue fin novembre. En attendant, ceinture…

Les technos bruxellois ont trouvé « des preuves manifestes suggérant un dysfonctionnement important du système de gestion et de contrôle », notamment en ce qui concerne « les marchés publics, le traitement des recettes, les conventions signées avec les bénéficiaires ».

Et ont relevé un « taux d’erreurs total (part des versements non justifiés ou non conformes aux règles) de 40,89 % » dans la gestion des crédits. La Commission, qui admet d’ordinaire une marge de 2 %, a parfois relevé des taux de 100 % ! C’est le cas pour les 1,15 million d’euros censés financer l’opération « parcours diplômants business developer », destinée aux futurs chefs d’entreprise.

Le bon pognon européen (578 037 euros) a été accordé sans souci par la région à l’école de commerce Novancia. Pourtant, constate la Commission, malgré l’obligation d’un cofinancement, l’Etat n’a pas ajouté un kopeck. Surtout, la demande de subvention est arrivée « après clôture de l’appel d’offres », et, pour la plupart des dépenses, des justificatifs manquent. Pinailleurs !

Ça décode sec !

Autre exemple : le programme « Code-Décode », offrant à des lycéens de devenir des futurs cracks du numérique. Pour un coût global de 1,5 million, la société Tralalere s’est vu accorder 582 266 euros. Là encore, dit la Commission, des justificatifs de dépenses font défaut ou ne sont « pas rattachables à l’opération ».

Etrangement, Maxime des Gayets, président (PS) de la commission des finances de la région, précise ne pas avoir été informé de l’existence de la lettre bruxelloise : « En regardant de près les documents budgétaires à ma disposition, je me doutais qu’il y avait un problème. Lors de la dernière réunion de la commission des finances, le 12 octobre, j’ai fait remarquer à l’exécutif que l’argent de Bruxelles n’arrivait plus. J’ai demandé des explications sans les obtenir. » Etonnant…

Interrogée par « Le Canard », la présidence de la région reconnaît des « dysfonctionnements » mais assure que « des mesures correctives ont d’ores et déjà été mises en place. On a embauché 20 contrôleurs de gestion, contre quatre sous la gauche. Pour éviter les erreurs et malfaçons, il faut réattribuer à la région la gestion de ces fonds. La majorité précédente l’avait déléguée à des organismes extérieurs ». C’était il y a trois ans…

En octobre 2015, en pleine campagne des régionales, Valérie Pécresse promettait de « mobiliser les crédits européens (…). On pourrait récupérer 125 millions d’euros de plus à partir de 2017. La France, souvent très critique vis-à-vis de l’Europe, ne fait en réalité pas l’effort d’aller chercher les crédits européens ». La preuve…

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