Des programmes scolaires garantis sans chômeurs?

Des programmes scolaires garantis sans chômeurs?

Le canard enchainé, mercredi 24 octobre 2018

POUR faire disparaître le chômage, le Conseil supérieur des programmes (CSP) – l’instance indépendante chargée d’élaborer les programmes scolaires, placée sous la tutelle du ministre de l’Education nationale – vient de trouver un remède radical. Il suffira de… ne plus en parler en cours de sciences économiques et sociales (SES), à partir de la rentrée prochaine !

« Dans la présentation des projets de programme de SES de seconde et de première qui nous a été faite par le groupe d’experts du CSP, la notion de chômage – et les problématiques qui en découlent – est totalement absente, s’alarme Erwan Le Nader, le président de l’Association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses). Jusqu’à présent, le chômage était mentionné dans un chapitre à part entière, en seconde comme en première. »

Autre concept clé des sciences sociales banni des projets de programme de SES celui de… catégorie socioprofessionnelle. Finis les cadres, les ouvriers, les professions intermédiaires… Nous sommes tous une seule et grande famille !

Ode au marché

« Il ne s’agit pas de rejouer la lutte des classes, proteste Erwan Le Nader, mais de donner des outils aux élèves pour décrypter la société dans laquelle nous vivons. » Et puis quoi, encore ?

Principal syndicat d’enseignants du secondaire, le Snes a, lui aussi, découvert des joyeusetés dans ces projets de programme. « Les élèves n’entendront parler ni des limites écologiques de la croissance, ni de la question de la répartition des revenus, ni du rôle des institutions publiques, souligne Claire Guéville. A l’inverse, le marché, dans une présentation qui omet la possibilité de déséquilibres, occupera, quant à lui, la moitié du programme d’économie de seconde ! »

Jean-Michel Blanquer l’a répété, le 18 octobre sur France Inter : les documents provisoires actuels « ne sont pas valables ». Le CSP doit les approuver, le 31 octobre, avant de les envoyer au ministre pour validation.

Les minuscules étourderies évoquées plus haut ont-elles encore une chance d’être rectifiées ?

Clora Bamberger

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