Motion de résistance au démantèlement des licences

MOTION DU DÉPARTEMENT D’HISTOIRE de la Faculté Sciences Humaines et Sociales, Université Jean Monnet, Saint-Étienne (02/04/2019)
Les enseignants du département d’histoire, réunis le mardi 2 avril 2019, ont voté le refus
d’inscrire les blocs de compétences dans la maquette de licence d’histoire, pour les raisons suivantes :
– La mise en place des blocs de compétences implique à terme la fin des évaluations
disciplinaires remplacées par des « conditions de validation des blocs », ce qui préfigure la disparition des diplômes universitaires sur lesquels sont fondées de très nombreuses conventions collectives dans les branches professionnelles.
– Le diplôme reposera sur l’obtention de compétences et non plus d’unités d’enseignement (UE) structurées par le savoir disciplinaire, la dualité UE/Blocs étant seulement transitoire : il s’agit donc d’un changement important et irréversible. Derrière cette modification d’apparence technique se dissimule un bouleversement profond de la finalité de l’éducation.
– Les compétences se caractérisent par la capacité d’un individu à répondre à des exigences formulées hors du champ universitaire, dans des instances où règne la relation d’autorité (pouvoir politique, administration, entreprises) ; elles supposent une relation de pouvoir. Le savoir disciplinaire est l’acquisition d’une culture et d’une méthode, et sa finalité l’émancipation de la pensée.
– La disparition des UE menace l’intégrité des disciplines et instaure la standardisation des attendus.
– La notion de culture est évacuée au profit de l’employabilité ; l’intelligence réflexive et
critique laisse la place à une intelligence purement technique ; le calcul remplace la pensée.
– L’obligation de présence de « professionnels qualifiés » au sein des jurys est une atteinte
aux prérogatives et à l’autonomie académique des enseignants-chercheurs, et ignore leur
qualification professionnelle validée par le CNU (Conseil National des Universités).
– La liberté pédagogique est amoindrie et l’enseignement universitaire est mis en péril
puisque la licence se résumera à une accumulation de compétences sans prise en compte de la progressivité du cursus.
Les enseignants du département d’histoire invitent les autres départements de l’Université Jean Monnet et ceux de toutes les universités à exprimer clairement leur refus de la disparition programmée des diplômes universitaires.
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Le SNESUP-FSU s’associe à l’appel des enseignants d’histoire de Saint-Étienne pour des prises de position en défense de la licence, diplôme disciplinaire, national, qualifiant, avec la garantie d’un nombre minimal d’heures, dans le respect de l’indépendance des universitaires, lesquels doivent apprécier le niveau des étudiants comme ils le veulent, sans injonction d’évaluation par compétences, de même qu’ils doivent rester seuls maîtres de la délivrance des diplômes.

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