Le grand désarroi des étudiants sans master

«Je ne sais pas ce que je vais faire l’année prochaine»: le grand désarroi des étudiants sans master, Slate, Nina Iseni, 3 août 2022 (extrait)

Sur la plateforme étudiante Vite mon master, on remarque que, contrairement aux promesses formulées par Frédérique Vidal, des places ont été supprimées pour la rentrée 2022: sur 1.608 masters référencés, c’est une perte de 1.169 places qui a été enregistrée, dont 909 en sciences humaines et sociales, 103 en psychologie et 77 en droit. La journaliste Soazig Le Nevé affirmait ainsi, dans un article du Monde, que certaines places promises semblent ne pas avoir été financées par le gouvernement.

[…]

Faut-il craindre une aggravation de la situation d’ici à 2030, alors que le SIES prévoit une augmentation de l’ordre de 3,7% du nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur par rapport à 2020? Quelles sont les solutions pour ne pas faire face dans quelques années à une crise encore plus importante? Est-il nécessaire de mieux filtrer à l’entrée en L1, au risque de laisser d’autant plus de néobacheliers motivés sur la touche?

Le gouvernement a pour projet de lancer une plateforme similaire à Parcoursup d’ici à 2023, censée faciliter l’accès en master. Le ministère mène en ce moment une série de concertations avec l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur, dont la restitution est prévue après l’été.

Une lettre rédigée et partagée sur les réseaux sociaux par Bruno Py, professeur de droit privé et sciences criminelles à l’université de Lorraine, à l’attention d’un député qui demandait de «l’indulgence» pour un étudiant dont la candidature en master avait été refusée, nous offre peut-être quelques pistes:

«La réalité est cruelle. Faute de capacités d’accueil suffisantes, de nombreux étudiants se retrouvent aujourd’hui sans solution, sans choix, sans droit. […] Monsieur le député, votre mandat et votre qualité de parlementaire vous donnent deux moyens de corriger cette situation, soit [en] proposant de supprimer la sélection, soit en augmentant les budgets des universités, donc leurs capacités d’accueil.»

La seconde option ne semble pas être privilégiée par l’équipe ministérielle. En 2022-2023, sera financée «la montée de la cohorte au titre de la deuxième année de master, de façon à ce que les étudiants concernés puissent effectuer un cursus complet». C’est-à-dire pas plus que les 4.388 places supplémentaires déjà ouvertes en 2021.

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