Bruno Devauchelle : Et si Internet était en panne ?

Bruno Devauchelle : Et si Internet était en panne ?, café pédagogique

Parmi les crises qui se succèdent, nous n’avons pas encore vécu celle qui pourtant pourrait bien arriver : Internet en panne durablement. Dans le système scolaire, et à entendre les responsables nationaux, cette question ne semble pas se poser. On parle de « Cloud souverain » depuis qu’on a découvert la domination des grandes entreprises américaines, mais on ne parle pas de l’absence de connexion au cloud via l’accès à Internet. Cet « allant de soi » qu’est la connexion à Internet est pourtant fragile et récente. Fragile, car dans de nombreuses situations, en classe, les enseignants et les élèves ont bien du mal à se connecter. Récente, car l’accès à Internet n’a guère plus de vingt-cinq ans, et encore à petite vitesse pendant de nombreuses années et parfois encore aujourd’hui. Pour le dire autrement, nous avons d’abord utilisé l’informatique dans l’enseignement en travaillant en local, sans connexion externe et parfois sans réseau interne. Donc, on savait faire… mais pourrait-on revenir en arrière ?

La possibilité d’un Internet en panne n’affecterait qu’une petite partie du système scolaire et universitaire. Certes, cette partie serait particulièrement affectée et menacée par ce problème, mais la grande majorité du système pourrait fonctionner, comme elle a su le faire même pendant le confinement pour ceux qui n’avaient pas accès à Internet. Sur le plan pédagogique et didactique, les enseignants peuvent se passer d’Internet dans une majorité de cas. Même si des regrets pourraient s’exprimer de ne plus pouvoir, rapidement, accéder à des sources documentaires variées, les pratiques sans connexion pourraient, sans difficulté, se poursuivre. C’est presque le paradoxe que nous ont proposé les deux dernières années : utiliser Internet et pouvoir s’en passer.

Au moment où l’on parle de cloud souverain, de solutions Moodle, d’Environnement Numériques de Travail, de formation à distance des enseignants, il serait temps d’imaginer, à l’instar d’un hôpital ou d’une collectivité piratés, par exemple, que le risque de rupture existe et qu’il faut l’envisager avant qu’il ne s’impose dans la panique et l’urgence. La crise de la covid a montré que tout pouvait se trouver modifié en très peu de temps, la gestion anticipée des risques, sans pour autant tomber dans le catastrophisme, doit faire partie de notre façon de penser…

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