Les étudiant.e.s mobilisé.e.s de Tolbiac veulent répondre

Communiqué de Presse : SNESUP-FSU PARIS 1, 23 avril 2018

Selon l’administration du centre Pierre Mendès France « des bandits qui n’attendent que le moment opportun pour dévaliser le centre » auraient causé « des dégradations énormes et de tous ordres » et ces dégradations se chiffreraient entre 600 000€ et 800 000€ d’après ses dires.

Les étudiant.e.s mobilisé.e.s de Tolbiac veulent répondre.

D’une part la Commune Libre de Tolbiac condamne collectivement et fermement ces actes individuels de dégradation des locaux et du matériel numérique, ainsi que les vols dont les occupant.e.s ont été les premières victimes. Ce sont des actes isolés (une partie du matériel pédagogique, déjà défectueux parfois, ayant été mis en sécurité dès le début de l’occupation).
Les images massivement retransmises par les médias depuis 48h ne montrent que l’état des lieux après la charge de 200 CRS armés de tronçonneuses, de haches et de béliers pour pénétrer de force dans l’occupation, fracassant chaises et tables contre les murs pour réveiller et intimider les occupant.e.s endormi.e.s dans l’amphithéâtre, gazant le hall et les étages. D’autre part les médias encadrés par l’administration n’ont pas jugé nécessaire de montrer les images des fresques d’artistes, les différentes affiches et programmes de débats et conférences de l’université ouverte ni les règlements intérieurs de l’occupation placardés sur les murs.
Finalement, nous remercions les médias présents d’avoir prouvé ici les conséquences d’une intervention policière violente.
La direction de Pierre Mendès France ne voulant pas rouvrir le site avant septembre, nous espérons qu’elle profitera de ce délai pour prendre en charge les dégradations. Par cela nous entendons bien évidemment: le désamiantage des locaux, leur mise aux normes de sécurité incendie, réfectionner les murs et les plafonds qui tendent à s’effondrer, les vitres qui se détachent parfois, et soyons ambitieux, remplacer la dizaine d’ascenseurs du siècle dernier qui dessert laborieusement une centaine de salles de cours. Nous espérons sincèrement qu’elle mettra aussi à profit ce délai pour recruter des enseignant.e.s afin que nous ne soyons plus 50 en travaux dirigés (TD) et contraint.e.s de nous asseoir par terre.
Finalement, la vraie dégradation est celle orchestrée politiquement par l’État depuis des années, par la baisse continuelle du budget de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, ceci dans le but de justifier la sélection voulue depuis les années 80 avec la loi Devaquet.
La vraie dégradation c’est la casse des services publics et des acquis sociaux.

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